Courir sur l'aire des papillons
M. C. Escher Papillons Gravure sur bois de bout, 1950, 28x26cm Toujours plus solide sur la cheville, ce matin 08h00 après une demie heure d' échauffement des articulations, je suis parti en direction du parc. J'ai eu droit au salut des militaires du 1er RIMA et à un chien loup type gros nounours, qui entendait jouer de tout ce qui se bougeait. J'ai apprécié que l'ensemble des hommes présents se soucie de ce quadrupède bien joviale, en faisant signe aux véhicules circulants, de ralentir. Nos chemins se sont séparés; aura-t'il trouvé son maître?
J'ai continué sur la cadence que cette matinée ensoleillée me dictait durant vingt minutes, cinq accélérations sur 26" et une dizaine de minutes pour retourner dans mes pénattes. Les chemins n'ont fait que se séparer. Arrivé au parc, un coureur concentré portant fuseau long bleu et barbe de la semaine me précède fixé sur la même cadence, un peu plus facile peut être? Il part à droite vers le stade, je m'enfonce à gauche dans le sous bois.
Il est encore trop tôt et le soleil ne filtre pas le feuillage, tout juste. Les oiseaux habituels ont laissé leur place à un gros corbeau, fossoyeur des promeneurs indélicats.
Je sens l'effort sur mes cuisses et me décide sur cinq courtes accélérations, à tester la cheville convalescente. Du tout bon cette fois bien qu'un peu raide, plus robuste tout de même. Quelques Machaons grand porte-queue virevolltent en "arabesques folles", je m'en retourne sur l'aire des papillons.
Petit plaisir suprême, arrivé à la maison je fais le tour du jardin attendant le repos partiel, quelques étirements puis je me penche sur les fraisiers en pleine effervescence avec ce soleil d'août. J'en cueille une première bien rouge. En bouche elle est ferme et piquevelue, mais en son coeur un arôme suave, doucement sucré, rafraîchissante elle me dit d'en cueillir une seconde; je vous laisse imaginer.
En tout, une heure rien qu'à moi... Tout à vous.
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