Ménageons la monture
A huit heures, j'étais prêt à courir le bitume sur les chemins bien connus de l'Anguienne. passant par la salle de séjour avant de m'élancer avec entrain, je fus happé par mes deux doudoux. Le premier voulait me suivre à vélo, le second qui aura 5 ans demain était déterminé à courir.
Mon épouse n'aspirait pas à essuyer les larmes du petit bout si l'engouement manifesté se voyait contrarié par un refus du fait de son âge.
j'emmenai tout mon petit monde sous le regard apaisé de la belle.
Déjà l'air était étouffant, saturé d'humidité sans compter que le soleil évaporait en brume les restes d'orage nocturne.
les phases de courses se succédèrent en séquences d'1', 1'20", 1'40", 2' avec des périodes de récupération marche plus longues marquées d'arrêts pour observer la faune en effervescence: une petite salamandre, une petite toute petite grenouille, des oisons, un milan.
Tom hier semblait vouloir faire comme Hercule au berceau avec un serpent découvert dans le jardin. Il s'agissait d'une petite couleuvre verte et jaune. Nous la lâchâmes dans les fourrés derrière la maison.
Cette sortie d'une heure environ fut pour moi l'occasion d'un long échauffement pensais-je? Impétueux, je m'élançai à nouveau sur le parcours, seul cette fois à un rythme très agréable mais trop rapide pour le trajet qu'il me faudrait accomplir.
AirV me demandait hier si la reprise allait bon train, aujourd'hui je peux répondre avec plus de circonspection, je dois reprendre le travail comme il faut. l'endurance a pris une claque.
Après 24' bien menées, j'accusai un gros coup de pompe. Certes j'étais à jeun et patati et patata, j'avais surtout les mollets durs comme la pierre, douloureux, saturés, l'impression même de fourmillements légers sous le pied droit.
37' la chaleur m'accablait, je parcourais les derniers 500 mètres de côte en marchant.