St Eutrope, premier semi-marathon
Beaucoup de nervosité, jubilation, mélange de tout, des palpitations parcourant le corps au point qu'Olive sera obligé de m'accrocher le dossard, les mains sont si agitées que je ne parviens pas à les débrouiller avec les épingles à nourrice. je suis comme ça, tout émotivité, quoique je fasse, je ne le maîtrise pas. L'éveil musculaire n'est plus à faire à ce moment, tout est déjà prêt, plein à ras bord, il faut lâcher les brides, attendre le départ.Je ne ressens pas le froid malgré le tee-shirt près du corps très fin. Eole a pris congé. Je courrai sous ses bons hospices.
Manue, Olive et moi passons retirer nos dossards sans difficulté, l'inscription a bien été prise en compte. Comme un fait exprès, nous portons les numéros 1385 et 1386.
J'ai eu l'impression d'avoir peu dormi mais suis bien reposé. Levé à 06h50 avec les yeux brûlants de sommeil. Céréals aux fruits, riz au lait maison et tranche de jambon auront fait mon petit déjeuner, juste bien, ni trop ni trop peu. Je pense m'être hydraté en suffisance et je limite la boisson de façon à ne pas être gêné, quelques gorgées pas plus.
Nous effectuons un court échauffement, j'ai assez répété à E.T que sur 21km je devais avoir le temps de monter en température. Nous rentrons dans le peloton, 10h la détonation me surprend, j'entends Olive me dire: "ça y est c'est partie".
Olive a fixé 5' aux 1000 et le km est honoré. Moi qui était dubitatif sur cette cadence dés le départ, je me surprends à dérouler sans difficulté, parfois même un peu en deçà des 5'.
L'ambiance est sympathique, je reconnais quelques visages.
Le 10 et le semi se chevauchent: (drôle d'image, je change de tournure). Les deux épreuves ont un trajet commun sur 9km. Olive n'a pas de bonnes sensations, il m'encourage à partir en solo. Après quelques tergiversations, j'essaie, espérant pouvoir suivre ce rythme jusqu'au 15ème où j'aimerais accélérer encore pour finir.
C'est vrai que jusqu'ici tout va très bien, les jambes, le souffle, juste de petits pincements dans les chaussures que j'aurai resserrées en bout, par erreur de débutant. Je sais à cet instant que je finirai avec des ampoules. Les deux petits orteils sont comprimés, pas bon.
Je crois que ma jauge en course est la parole, la communication, l'échange. Le coureur chiant vous savez, celui qui arrive à votre hauteur bien poli, agréable mais qui vous parle au moment où peut être vous n'êtes pas au mieux de votre aptitude à tailler la bavette.
A ceux que je n'aurai pas su revigoré, mille excuses. C'est mon côté, je veux qu'on m'Aime.
Blague à part, je crois que chacun aura su me donner la motivation nécessaire pour finir: "Casse toi, vas-y double, arrète de causer et cours.
Rien de tout ceci n'a été dit. Nos échanges n'ont été que sourires et empathie.
15km, nous rebroussons chemin et faisons le tour d'une Nymphe. Sachant que les mots doux donnent du beaume au coeur, je me risque à demander s'il faut atteindre le podium pour un baiser et celle-ci de me répondre qu'elle agirait selon ma volonté à la fin de l'épreuve, avant d'annoncer: 1h13.
L'effet désiré ne se fit pas attendre, j'allongeai le pas. Je passai plusieurs coureurs, euphorique, concentré sur les km restants.
Petite note bucolique: le cadre champêtre était bien présent, partout autour, le citadin dirait perdu au milieu de nul part. Elle est belle notre planète. A maintes reprises j'eu l'envie de goûter un peu de cette "nature" en plein éveil: courir les chemins.
17 et 18 passent sur le souvenir de la longue sortie précédente, je commence à accuser le coup mais c'est bon encore. Dans les runnings mes petits radis piquent, c'est supportable.
18 et 19: une côte s'amorce, je pense à la prendre en récupération. Là, une petite phrase de mon ami Olive16 me culbute la cervelle, je l'entend me dire qu'un retard pris au départ ne se rattrape pas, et sans attendre j'augmente la cadence, accroché à un coureur de l'effort.
Je le paie de suite au sommet. Le souffle s'emballe, je ne sens plus mes guibolles cependant je tiens bon.
Avant tout récupérer mon souffle, personne ne me passe, je tiens la cadence, tenir la cadence. Le souffle court, en place de façon approximative. C'est mieux tout de même.
20ème, je donne ce qui me reste, les bras sont hauts sur le corps, j'essaie de tirer sur les cuisses, je ne sens plus rien mais c'est plus vite. Je passe la ligne d'arrivée en 1h42' me dit-on.
Une dame me tend une enveloppe au moment où je suis saisi d'un spasme stomacal, heureusement sans suite. Je gagne un lot de cadenas, Ouais! Ainsi qu'un baiser de ma chère et tendre femme qui a tout mon coeur.
Une épreuve bien gérée avec un corps qui connaît mieux ses ressources que l'être conscient qui le mène.
Le plan 503 de AE m'a mené jusqu'ici avec réussite, merci Olive pour ta pugnacité à me botter le train, Manue et le gâteau au chocolat, Vous qui me lisez courageusement.
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