Honoré Daumier (1808-1879) L'imagination. le mal de tête
Toutes nos nuits ne sont pas identiques, et je pense à mon très cher Jérôme, félicitations aux heureux parents : des
jumeaux garçon/fille d’un coup, d’un seul, n’y voyez rien de grivois.
Nos nuits sont accidentées des quintes de toux de notre petit grumeau. Il aurait une coqueluche bien que vacciné, la solution
miracle serait de lui faire passer différents paliers en avion, paraît-il ?
La bave d’escargot aussi serait efficace et moins dangereuse, quoiqu’une glissade ?
Bref, nos nuits ne sont pas de tout repos.
J’avais pourtant hâte de m’élancer sur la route, alors rapidement je m’en vais jeter un œil par la fenêtre de la cuisine dont les volets ne sont pas clos.
Nous avons entendu le vent bien au chaud sous la couette et j’avoue que la pluie mettrait un frein à cet entrain matinal. Par ce cadre ouvert sur le monde,
pas une goutte. Aussi je ne tarde pas, et chaudement vêtu, bonnet et gants (je suis tout de même en convalescence), je pars à jeun.
20’ d’échauffement comme d’habitude, la séance sera courte mais j’enchaîne sur 10’ à 80% et j’avoue ne pas savoir encore trop, si tout est bien en place.
80% sur 10’ doivent me faire approcher les deux mil mètres, ce que je pourrai vérifier sur openrunner de retour à la
maison.
L’échauffement sera doux, est-ce l’âge qui me fait tempérer mes ardeurs ? L’expérience ? Trente huit ans, c’était le 23
janvier et je ne pouvais rien avaler.
Je suis pour l’instant à la lettre le plan 302, histoire de sortir de cet état léthargique. Une fois requinqué
j’adapterai les séances.
Vient le moment de prendre l’accélération, je fais confiance aux sensations, au corps qui m’emmènera à la bonne vitesse. J’arrive au bas de la côte, les dix minutes
sont passées, il me semble manquer d’air sur la fin et l’effort se fait sentir, je ne suis pas encore au mieux. Je rentre en marchant, je récupère.
Après vérification, j’aurai bien effectué mes deux mil mètres, le baume au cœur.